[Presse] Article de La Nouvelle République du 2 août 2023

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© Photo illustration NR, Jean-André Boutier

Poitiers : accusé de viol sur personne vulnérable, un chauffeur de taxi remis en liberté

Âgé de 57 ans, un chauffeur de taxi est mis en examen pour viol sur personne vulnérable depuis juillet 2022. Il était en détention provisoire depuis un an. Il a été remis en liberté, ce mardi 1er août 2023.

L’affaire a été révélée mardi 1er août 2023, à l’occasion d’une demande de mise en liberté d’un chauffeur de taxi, âgé de 57 ans, devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Poitiers.

Mis en cause dans une affaire de viol sur personne vulnérable, il est en détention provisoire depuis le 21 juillet 2022. Une plainte avait été déposée par la maman de la victime, le 13 juillet 2022, après des confidences faites par sa fille âgée de 24 ans.

Ce chauffeur d’une société d’ambulance et de taxi assurait le transport de cette jeune femme, sous tutelle depuis ses 21 ans, entre un Esat du Sud-Vienne et le domicile de ses parents où elle revenait un week-end sur deux.

« Le chauffeur m’a fait mal, il n’a pas le droit, il va aller en prison ? »

Selon le récit dressé par le président de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Poitiers, (...)

[...]

Une information judiciaire avait été ouverte deux jours plus tard pour viol sur personne vulnérable et le mis en cause mis en examen dans la foulée. Le juge des libertés et de la détention (JLD) avait placé le chauffeur en détention provisoire. Le 10 juillet 2023, cette privation de liberté avait été prolongée par le magistrat via une visioconférence. C’est cette décision qui était contestée devant la cour d’appel.

L’avocat a plaidé un placement sous surveillance électronique

Son avocat a soulevé deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC, infondées selon les magistrats) et trois nullités concernant notamment la « visioconférence attentatoire aux droits de la défense » et en s’insurgeant sur l’absence d’interrogatoire sur le fond de l’affaire par le juge d’instruction depuis un an. Il a plaidé une remise en liberté avec un placement sous surveillance électronique à domicile.

« C’est une affaire particulièrement grave, s’est offusquée l’avocate de la victime. Il explique que la victime était consentante, je suis sciée ! La jeune femme a un retard mental sévère, du niveau d’une adolescente, et aucune maturité sexuelle. Il se défausse totalement sur elle, il a 57 ans, sa posture de défense me paraît extrêmement problématique et il n’exprime aucune remise en cause. La victime voit un psychologue tous les jours à l’Esat… »

« Même elle avait droit à une relation sexuelle »

L’avocat général n’a pas été plus tendre avec le mis en cause. Il a requis son maintien en détention provisoire mais en l’assortissant d’une demande d’achèvement du dossier d’instruction dans les six mois : « Il a abusé de sa confiance, il faut empêcher la pression sur les témoins. »

Avant d’entendre la décision des juges, le chauffeur de taxi a confié cette déclaration étonnante : « J’ai conscience d’avoir fait beaucoup de mal. Ce n’était pas mon intention. Pour moi, ce n’était pas un viol, elle était consentante. Même elle avait droit à une relation sexuelle… »

Les magistrats de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Poitiers ont décidé de remettre le chauffeur de taxi en liberté sous contraintes « en raison de l’irrespect du délai raisonnable » de l’instruction du dossier.

Source : La Nouvelle République, par Xavier BENOIT

Publiée le : 02/08/2023

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