[Presse] Article de La Nouvelle République du 10 décembre 2020

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Châtellerault: le procès pour trafic de shit et de cocaïne tourne court

Châtellerault. Le procès des cinq suspects qui devaient être jugés pour trafic de shit et de cocaïne a tourné court. La faute à une nullité soulevée par la défense.

Y’a des jours, tout s’acharne pour que ça parte de travers.

Le procès des cinq suspects interpellés vendredi 4 décembre 2020 dans la Vienne, en région parisienne et dans les Deux-Sèvres, dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants, a fini par tourner court.

Une fois n’est pas coutume, les avocats voulaient plaider tout de suite ce dossier de stups mais le parquet a demandé, et obtenu, le renvoi au 18 janvier 2021, alors que la défense venait de soulever une nullité de procédure qui semble suffisamment embarrassante pour que ce délai d’étude soit réclamé.

Une nullité de procédure soulevée

Les aléas sanitaires avaient déjà failli porter un premier coup au procès en comparution immédiate dès son lancement, hier. Un Châtelleraudais présentant des symptômes justifiant un test Covid avait été testé mais le résultat n’était pas connu avant le début de l’audience. Le recours à la visioconférence a donc été décidé.

Une décision s’imposant à toutes les parties et qui a connu des aléas techniques. Le son se répercutait en un écho semblant déformé électroniquement, à mi-chemin entre le bruit de canalisation et un morceau de musique expérimentale. Inaudible donc ! Le temps de régler le problème, le tribunal est allé juger une autre affaire dans une autre salle.

Le retour aux affaires qui s’annonçait pour de longues heures a tourné court. Me Takhedmit a d’emblée soulevé la nullité de la procédure estimant qu’un des enquêteurs avait lancé des réquisitions téléphoniques en vue d’écouter les suspects, sans disposer d’une réquisition écrite du parquet. La procédure est considérée comme nulle par la défense puisqu’assise sur certains actes d’enquête exercés sans base légale. La procureure Lallement a alors réclamé le renvoi du dossier, le temps d’étudier les conclusions déposées en début d’audience. Un délai très rarement réclamé, la plupart du temps, le tribunal examine les nullités soulevées en même temps qu’il délibère sur la culpabilité des prévenus.

Source : La Nouvelle République, par Emmanuel COUPAYE

Publiée le : 10/12/2020

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