[Presse] Article de La Nouvelle République du 27 mars 2023

[Presse] Article de La Nouvelle République du 27 mars 2023

© Photo Emmanuel Coupaye

Poitiers : policier blessé à la main, militant libéré

Le procès du trentenaire jugé ce lundi 27 mars 2023 à Poitiers pour avoir blessé un policier en jetant une pierre a été renvoyé au 24 avril. Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Colère dehors, joie dedans. Alors qu’environ 80 militants dénoncent les violences policières devant le palais de justice de Poitiers et l’interpellation de leur camarade accusé d’avoir blessé un policier, le tribunal vient de le remettre en liberté sous contrôle judiciaire ce lundi 27 mars 2023.

Interdiction de manifester sur tout le territoire

Son procès est reporté à sa demande au 24 avril prochain. Dans l’attente, il est interdit de manifester sur tout le territoire national.

À 15 h, la colère a changé de camp. Les policiers font grise mine, les militants pavoisent en quittant la salle d’audience qui joue à guichets fermés. À la sortie du palais de justice, certains lèvent le poing avec le sourire. Ils vont se « retrouver » dès mardi 28 mars dans le nouveau cortège des manifestants à Poitiers.

Après la dispersion

C’est déjà là qu’ils s’étaient confrontés jeudi soir en fin de journée. Le gros des manifestants était dispersé. Restait un noyau dur qui occupait la porte de Paris autour de bières et de feux de palettes.

Des jets de bouteille interviennent alors, du lacrymogène est envoyé en retour indique la police. Un policier sera ensuite blessé à la main (ITT trois jours) par le jet d’une pierre.

Un trentenaire considéré comme l’auteur du tir est interpellé en état d’ivresse. Il avait été placé en détention provisoire samedi.

Passé judiciaire

« Vous avez déjà été condamné pour rébellion et des violences sur des personnes dépositaires de l’autorité publique », relève la présidente du tribunal. « J’étais militant politique, c’était la situation du moment, il y avait du harcèlement policier, j’avais du mal à me contenir, là, j’ai grandi ! »

Le trentenaire, sans travail depuis cinq, ans vit du RSA et vient de retrouver un logement. Il défend toujours les mêmes idées, mais sans violence, assure-t-il.

Rien depuis sept ans

Il conteste d’ailleurs le jet de pierre blessant et les violences sans ITT sur un deuxième policier. La prolongation de sa détention est en jeu ce lundi face à la justice.

Le procureur la requiert saluant le travail des policiers. « Ce dimanche, des CRS de Poitiers ont sauvé trente-deux migrants à Calais », relève Jean Lacotte. « On ne justifie pas un engagement politique par la violence. »

Jet de pierre contesté

Cette violence reprochée, c’est du passé, martèle Me Luc-Moussa Bassolé. « Il y a ces condamnations, mais depuis sept ans, il ne lui est rien reproché. Il conteste les faits depuis son interpellation. Et nous n’avons que les témoignages des policiers, les images des deux caméras exploitées n’ont rien révélé. »

La justice se replongera dans les détails de cette soirée dans un mois. À froid. Dans un climat normalement plus apaisé…

Source : La Nouvelle République, par Emmanuel COUPAYE

Publiée le : 27/03/2023

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